Linguistique amazighe

Éléments de sémiotique. Éléments de sémiotique Par Louis Hébert

Éléments de sémiotique

 

Par Louis Hébert

Université du Québec à Rimouski

louis_hebert@uqar.ca

1. RÉSUMÉ

 

La sémiotique est la discipline qui étudie les signes. Un signe (par exemple, le mot « vaisseau ») se reconnaît à la présence de ses parties constitutives, soit, du moins dans les sémiotiques qui s'inspirent de Saussure, le signifiant (le contenant, la forme sensible du signe : les lettres v-a-i-s-s-e-a-u) et le signifié (sens, contenu, notion véhiculée par le signifiant : ‘navire de grande dimension'). La sémiotique générale permet, à l'aide des mêmes notions, de décrire, en principe, tout système de signes : textes, images, productions multimédia, signaux routiers, mode, spectacles, vie quotidienne, etc. Des sémiotiques spécifiques (du texte, de l'image, du multimédia, etc.) permettent de tenir compte des particularités de chaque système de signes. Ce chapitre présente sommairement la sémiotique générale. On y trouve, d'abord, des définitions de la discipline et du signe ainsi qu'une énumération de concepts et de théoriciens célèbres. Puis sont présentées, à travers l'analyse d'un objet en apparence anodin, les feux de circulations, des notions de sémiotique générale: émetteur/récepteur, émission/transmission/réception, canal, contexte, référent, système, code, redondance, bruit, paradigme/syntagme, marge de sécurité, sème, isotopie, polysémie/homonymie/synonymie, relations ou systèmes symboliques/semi-symboliques/sémiotiques, arbitraire/convention du signe, signes continus/discontinus, signes uniques/répétés, signes successifs/simultanés, signes actualisés/virtualisés, contraste, etc.

2. THÉORIE

 

2.1 DÉFINITION DE LA SÉMIOTIQUE ET DU SIGNE

 

La sémiotique (ou sémiologie) est, pour faire bref, la discipline qui étudie les signes et/ou la signification (processus de la production du sens). Ajoutons qu'elle connaît depuis quelques années un nouvel essor en raison, entre autres, du développement du multimédia.

La sémiotique n'est pas LA sémiotique. Il existe en effet plusieurs théories sémiotiques. La sémiotique est associée à des noms célèbres: Saussure, Peirce, Morris, HjelmslevJakobson, Barthes, Greimas, et Eco (oui, le célèbre auteur du roman Le nom de la rose, dont a été tiré le film du même nom)... Et à des concepts fameux: signifiant, signifié, référent, paradigme, fonction poétique, isotopie, modèle actantiel, triangle sémiotique, carré sémiotique, oeuvre ouverte... Nous verrons ici, et ailleurs dans Signo, quelques-uns de ces noms et concepts, et d'autres également. Comme complément, on lira les excellentes introductions à la sémiotique qui existent (par exemple, Eco 1988, Everaert-Desmedt 1990, Courtés 1991, Klinkenberg 2000).

Le signe se reconnaît de plusieurs manières. Il existe des définitions fonctionnelles. Ainsi, la définition la plus générale, et l'une des plus anciennes, fait du signe ce qui est mis à la place de quelque chose d'autre (ce quelque chose d'autre peut être interprété comme un signifié ou un référent, comme nous le verrons plus loin). Par exemple, le noir porté dans un enterrement ne vaut pas que pour lui-même en tant que couleur, il signifie aussi, du moins dans notre culture, la mort. Il existe aussi des définitions qui reposent sur la présence des éléments constitutifs du signe, lesquels varient d'une théorie à l'autre.

Dans les théories sémiotiques inspirées de Saussure (célèbre linguiste genevois), le signe se décompose en signifiant, la partie perceptible du signe (par exemple, les lettres v-a-i-s-s-e-a-u) et signifié, la partie intelligible du signe, le contenu sémantique associé au signifiant (par exemple, le sens du mot « vaisseau »). Le signifié se décompose en sèmes (par exemple, le signifié ‘vaisseau' contient des sèmes comme /navigation/, /concret/, etc.). Une isotopie est constituée par la répétition d'un même sème. Par exemple, dans « Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif / Ses mâts touchaient l'azur sur des mers inconnues » (Émile Nelligan, « Le vaisseau d'or »), les mots « Vaisseau », « mâts » et « mers » contiennent, entre autres, le sème /navigation/ et forment donc l'isotopie /navigation/.

Les signes conventionnels indiqués dans le tableau plus bas permettent de distinguer, par exemple, le signe (le mot) (1) «concret» ; du signifié qu'il véhicule, (2) 'concret' ; du signifiant de ce signe, (3) concret, constitué des phonèmes c-on-c-r-et et des lettres c-o-n-c-r-e-t ; du sème /concret/ (dans 'couteau', par exemple) ou de l'isotopie /concret/ (dans «couteau d'acier», par exemple). Par ailleurs, l'emploi d'une seule barre oblique indique une opposition (par exemple, vie/mort). Il existe en sémiotique plusieurs conventions différentes de celle employée ici.

Signes conventionnels employés

«signe» (guillemets)

signifiant (italiques)

'signifié' (apostrophes)

/sème/ et /isotopie/ (barres obliques)

 

Dans la tradition aristotélicienne, le signe est plutôt constitué de trois parties : le signifiant, le signifié et le référent, c'est-à-dire la chose concrète à laquelle renvoie le signe (par exemple, un vrai cheval). En appelant « signifiant » et « signifié » les deux premières parties du signe triadique, nous utilisons la terminologie de Saussure ; d'autres dénominations ont été proposées, qui correspondent parfois à des visions théoriques très différentes. Par exemple, Peirce (célèbre logicien américain), tout en s'inscrivant dans cette seconde tradition sémiotique propose une vision originale (que nous ne pouvons présenter ici; voir le chapitre sur la sémiotique de Pierce). Il distingue comme parties du signe, respectivement, le représentamen, l'interprétant et l'objet.

 

2.2 NOTIONS DE SÉMIOTIQUE : LES FEUX DE CIRCULATION

Comme toutes les disciplines, la sémiotique montre et décrit la complexité de phénomènes complexes ou en apparence simples. Les feux de circulation constituent un exemple de système sémiotique simple mais déjà plus complexe qu'il n'y paraît. Nous évoquerons ici des feux de circulation standard sans tenir toujours compte des multiples variétés qui en existent.

2.2.1 SIGNIFIANTS

Les trois signifiants principaux des feux de circulation sont des couleurs : vert, jaune, rouge. Ces signifiants utilisent donc uniquement l'un des cinq canaux sensoriels, l'un des cinq sens : la vue (ce qui n'est pas le cas, par exemple, des signes olfactifs).

Dans un même système de signes, les signifiants doivent respecter le principe d'une marge de sécurité suffisante, et nous ne parlons pas ici d'abord de sécurité routière… Par exemple, en principe, des feux de circulation pourraient employer les trois couleurs suivantes : vert foncé, vert moyen et vert pâle. On comprend que la minceur de la marge de sécurité entre ces signifiants diminuerait également la sécurité routière…

2.2.2 REDONDANCE ET BRUIT

Dans les feux de circulations, les couleurs sont souvent associées, corrélées à d'autres types de signifiants visuels (associés aux mêmes signifiés que les couleurs), à savoir des formes (par exemple, rectangle + rouge, cercle + vert, etc.) des positions (haut, milieu, bas ou gauche, milieu, droite). Cette corrélation produit une redondance, soit le phénomène de répétition d'un même signifié par son association avec plusieurs signifiants différents présents ou par la répétition du signe dans lequel ce signifié se trouve. La redondance vise à contrer ce qu'on appelle, en théorie de l'information, le bruit, c'est-à-dire ce qui empêche ou pourrait empêcher la transmission et l'interprétation (ou réception) correcte du message produit lors de l'émission. La redondance vise à s'assurer que le récepteur (le conducteur ou le piéton) perçoit bien le signe, notamment lorsque les circonstances sont défavorables (éblouissement, daltonisme, distraction, etc.). Ainsi, pourquoi le téléphone sonne-t-il à plusieurs reprises alors qu'une seule fois eût suffit ? Pour s'assurer qu'au moins un des signes répétés soit perçu.

2.2.3 SIGNIFIÉS

À chaque couleur des feux est associée un seul signifié, distinct de celui des autres couleurs : ‘traversez' pour vert, ‘préparez-vous à arrêter' pour jaune, ‘arrêtez-vous' pour rouge.

2.2.4 POLYSÉMIE ET SYNONYMIE

Lorsque deux signifiés et plus sont associés à un même signifiant, on parle de polysémie.

REMARQUE : POLYSÉMIE ET HOMONYMIE

Le mot « polysémie » reçoit un sens particulier en linguistique, où il indique une forme moins accentuée de différence entre signifiés que dans l'homonymie. Ainsi, le signifiant b-o-u-c-h-e peut être associé à deux signifiés en relation de polysémie, ‘bouche de métro' et ‘orifice buccal'. À l'opposé, le signifant f-a-u-x peut être associé à deux signifiés en relation d'homonymie : ‘instrument agricole' et ‘erroné'.

Lorsqu'un même signifié est associé à deux signifiants ou plus, on parle, dans le cas des signes linguistiques du moins, de synonymie: par exemple, pour ce qui est de « mourir » et « décéder ». Dans le système sémiotique qui nous intéresse, on trouve des « synonymes » : ainsi le signe fait de rouge + ‘arrêtez' a-t-il pour équivalents, même s'ils sont moins importants, haut + ‘arrêtez' (dans une disposition verticale, le feu rouge est généralement situé au sommet) et rectangle + ‘arrêtez'.

REMARQUE : IMPOSSIBILITÉ DE LA SYNONYMIE PARFAITE

La synonymie parfaite n'existerait pas, du moins dans les systèmes linguistiques, comme le prouvent la disparité dans les emplois des signes synonymiques : ainsi « décéder » se distingue de « mourir » par son appartenance à un registre de langue plus élevé et son application aux seuls êtres humains, sauf emplois rhétoriques particuliers (on ne parle pas normalement d'« un chien décédé »). Le principe de solidaritéentre signifiant et signifié explique l'absence de véritables synonymes. Selon ce principe, dès qu'on change de signifiant, on change de signifié et vice-versa. Par exemple, si on change le phonème b de « bas » pour un p, non seulement on change le signifiant mais également le signifié qui l'accompagne (un bas n'est pas un pas…).

2.2.5 SYSTÈMES SYMBOLIQUE, SEMI-SYMBOLIQUE ET SÉMIOTIQUE

Un système de signes ou une relation entre éléments quelconques sera soit (1) symbolique, soit (2) semi-symbolique, soit (3) sémiotique (le mot « sémiotique » prend alors un sens restreint et particulier). (1) Lorsqu'un et un seul signifiant est associé à un et un seul signifié, on parle de système symbolique ; c'est le cas des feux de circulation, du « langage » des fleurs (rose = ‘amour', tulipe = ‘amitié', etc.), etc. (2) Un système est semi-symbolique si à une opposition du signifiant correspond (est homologuée) une opposition du signifié. Les gestes sont souvent de nature semi-symbolique, il en va ainsi de l'opposition mouvement vertical/mouvement horizontal qui est homologuée à l'opposition ‘oui'/'non'. Les feux de circulation correspondent à partiellement à cette définition : en effet, si rouge et vert sont opposés en tant que couleurs complémentaires, jaune ne trouve pas de véritable opposé dans ce système. Il n'empêche que chacune des trois couleurs peut participer par ailleurs d'autres oppositions culturellement définies (au sein d'une même culture ou d'une culture à une autre); par exemple le rouge et le noir sont opposés dans plusieurs cultures, notamment africaines. (3) Enfin, les autres systèmes sont dits sémiotiques. La langue est un de ces systèmes.

2.2.6 ARBITRAIRE ET CONVENTION DU SIGNE

La corrélation entre une couleur et son signifié est arbitraire (non motivée). Tout signifiant peut en principe être joint à tout signifié. Pour être correctement interprété, le signe s'appuie cependant sur une convention (en ce sens, mais en ce sens seulement, il est motivé). La preuve en est, pour les feux de circulation, que d'autres cultures ou sociétés (le Japon, l'Australie) corrèlent jaune et ‘arrêtez'… Évidemment, nos feux de circulation à nous (il faudrait vérifier pour ceux des autres) reçoivent une certaine motivation puisqu'une corrélation (plus exactement une homologation) générale existe dans notre culture entre rouge/vert et ‘néfaste'/'bénéfique'. Il n'empêche que cette corrélation générale est elle-même arbitraire, même si elle peut recevoir une justification rationnelle (par exemple, le rouge évoquerait le sang versé, le vert la croissance végétale ; mais on trouve aussi des associations qui vont dans le sens inverse, comme le teint vert et la maladie). Même si elles sont en principe arbitraires, des contraintes, différentes pour chaque type de signifiants et type de situations, pèsent sur les associations entre signifiants et signifiés. Ainsi, on voit mal des feux de circulation employant un signifiant noir…

Soit trois des sortes de signes distingués par Peirce : icône (une photographie, un panneau de traverse d'écoliers où figure un silhouette humaine), indice (signes de type si… alors… : la fumée pour le feu, la queue d'un chat caché pour le chat entier), symbole (le mot « papa »). Le signe le plus arbitraire est évidemment le symbole, qui repose sur un lien de codification fort : il n'y a pas de lien de similarité (icône) ou de contiguïté, de proximité (indice) entre « papa » et ce qu'il désigne; à preuve, en anglais, le mot pour désigner le même référent est « father ». Un même signe peut être utilisé de plusieurs manières, par exemple comme symbole de quelque chose et indice d'autre chose. Ainsi, les feux de circulation sont avant tout des symboles, mais ils peuvent servir, par exemple, comme indice d'une intersection invisible au loin).

2.2.7 SIGNES UNIQUES/RÉPÉTÉS ET SILENCE SÉMIOTIQUE

Dans le monde des signes, un signe (1) durera plus ou moins longtemps; (2) il sera suivi ou non d'un moment de silence plus ou moins long; et, dans le cas ou le signe n'est pas solitaire (signe unique), il (3) cédera sa place à un autre signe ou encore sera répété (signe répété).

Ainsi, les feux de circulations emploient les signes uniques et les signes répétés (feux clignotants). Dans le « langue » des feux de circulation, il n'y a pas de place pour un silence dangereux (par exemple, dans la succession « feu vert » — aucune lumière — « feu jaune » — aucune lumière — « feu rouge »). Contrairement à ce qui se produit dans d'autres systèmes sémiotiques, l'absence de tout signe n'y est pas un signe ; pour des raisons de sécurité, il n'existe pas, semble-t-il, de feux de circulation avec une seule couleur (par exemple, l'absence de rouge signifierait ‘roulez', sans nécessité la présence d'un feu vert). Pour les mêmes raisons, on a cru bon d'insérer entre les deux signes opposés, « feu rouge » et « feu vert », un signe intermédiaire, « feu jaune ». Il est intermédiaire dans deux sens du mot : dans le temps (il est au milieu de la séquence, nous y reviendrons) et, bien sûr, dans la signification (il est ce qu'on appelle en sémiotique un terme neutre, c'est-à-dire un signe qui marque l'absence des deux termes opposés; il signifie : ‘ni l'un ni l'autre').

2.2.8 SIGNES SUCCESSIFS/SIMULTANÉS, PARADIGME ET SYNTAGME

Tout langage est fait de signes et de règles, plus ou moins contraignantes, touchant les combinaisons de ces signes. Certaines de ces contraintes sont temporelles. Deux événements, par exemple deux signes, seront en (1) concomitance (ils sont simultanés et apparaissent et disparaissent en même temps) ; (2) en succession immédiate ou après un intervalle de temps ; (3) en concomitance partielle (l'un commençant plus tard que l'autre mais avant que ce dernier ne soit terminé).

Dans la « langue » des feux de circulation, comme dans la vraie langue, deux signes ne peuvent être émis en même temps. Dans la langue, du moins dans sa manifestation orale, des raisons phonologiques expliquent cette règle : on peut difficilement prononcer deux phonèmes à la fois. Dans les feux de circulations, ce sont des impératifs de sécurité et de cohérence qui l'excluent : tous les signes ne peuvent que se succéder, sans aucune concomitance et sans « silence ». On dira que les signes s'excluent mutuellement : un seul signe peut être actualisé (présent) à la fois, les deux autres doivent demeurer virtualisés (absents). Cela a pour conséquence que ce qu'on appelle un contraste, la coprésence de deux signes opposés (ici « feu rouge » et « feu vert »), y est impossible.

Un paradigme est un ensemble de signes équivalents virtualisés dans lequel on choisit un signe qui sera actualisé dans un syntagme. Un syntagme est un groupe de signes se succédant dans le temps (par exemple, une phrase est un groupe de mots et à cet égard, un syntagme ; il existe aussi des « syntagmes » sans succession temporelle, par exemple un tableau).

Les feux de circulation ont un seul paradigme, composé de seulement trois signes. Ils fonctionnent avec un syntagme obligatoirement à trois positions temporelles et spatiales. À chaque position dans le temps, un seul signe est actualisé. À chaque position dans l'espace (dans une orientation horizontale : gauche, milieu, droite), un seul signe, toujours le même, est actualisé ; pour des raisons de sécurité et de coût sans doute, on ne préconise pas l'usage d'une seule lampe diffusant plusieurs couleurs (mais il existe des feux de piétons où les signes « traversez » et « ne traversez pas » sont localisés exactement au même endroit). Parmi toutes les combinaisons possibles, une seule est autorisée : « feu vert » — « feu jaune » — « feu rouge », etc. Quant à leur durée, les signes ne sont pas égaux : normalement, le feu jaune dure moins longtemps que les deux autres ; la durée relative des feux rouge et vert est réglée en fonction de l'importance de l'axe routier en cause. Nous touchons là les misères et splendeurs de la programmation des feux de circulation sur une base individuelle et dans leur enchaînement (synchronisation). Et la sémiotique nous ramène, par des voies inattendues, à des questions cruellement quotidiennes…

3. APPLICATION : LA COULEUR DES DESSOUS FÉMININS

 

Comme dans la section précédente nous avons déjà illustré les notions sémiotiques présentées, nous nous contenterons ici d'une courte application coquine : étudier le système des couleurs des dessous féminins (plus complexe et structuré que celui des dessous masculins). Il s'agira de stipuler les sèmes (éléments composant un signifié) associés à ces couleurs, qui sont autant de signifiants. Opposons les couleurs de dessous dont les signifiés sont relativement précis (blanc, beige, rouge, etc.) et celles dont les signifiés demeurent flous (turquoise, émeraude, brun, etc.), et concentrons-nous sur les premières. Retenons les couleurs suivantes : blanc, beige, rouge, rose et noir.

Le tableau suivant présente les principaux sèmes que nous croyons pouvoir rattacher à chaque couleur retenue. Il va de soi que cette analyse est somme toute grossière et que de nombreux raffinements seraient susceptibles de la préciser (par exemple, un dessous blanc mais avec force dentelles n'est plus spontanément associé à l'ingénuité de la jeune fille). Le signe d'addition indique la présence du sème et le point d'interrogation un doute.

 

Sèmes associés aux couleurs des dessous féminins

SIGNIFIANT

blanc

beige

rouge

rose

noir

SÈME (bas)
/jeune fille/

+

+?

/femme/

+

+

+

+

/vie quotidienne/

+

+

+?

/activités sportives/

+

/occasion spéciale/

+

+

+

/passion/

+

+

/romantisme/

+

+

/démodé, kitsch/

+

+?

/chic, classique/

+

+?

+

/ingénuité/

+

+

/assurance sexuelle/

+

+

autres sèmes

/pureté/

/provocation/

/douceur/ 
/féminité/

/mystère/

4. OUVRAGES CITÉS

 

ECO, U. (1988), Le signe, Bruxelles, Labor.

EVERAERT-DESMEDT, N. (1990), Le processus interprétatif: introduction à la sémiotique de Ch. S. Peirce, Bruxelles, Pierre Mardaga Éditeur.

KLINKENBERG, J.-M. (2000), Précis de sémiotique générale, Paris, Sevil.

5. EXERCICE

 

Soit les couleurs d'automobiles blanc, rouge, noir, gris, qui sont autant de signifiants, trouvez les éléments de sens (sèmes) qui peuvent leur être associés.



05/02/2017
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